Accueil > Loges symboliques > Exhortation du premier degréExhortation du premier degré selon Preston
|
||||
|
Traduction par le F:. Gilles Chiniara Le texte qui suit est l'Exhortation du premier degré telle que publiée par William Preston dans son traité «Illustrations of Masonry», paru en 1772. Plusieurs éditions subséquentes ont été publiées et augmentées par des ajouts successifs. Le texte présenté ici est une traduction de l'original anglais de 1792. William Preston a eu une influence décisive dans la propagation des rituels maçonniques de son époque et a influencé nombre d'érudits maçonniques qui l'ont suivi, tel Thomas S. Webb. Ce texte a donc une importance historique certaine pour celui qui étudie la franc-maçonnerie. Évidemment, il s'agit d'une portion du rituel tel qu'il était pratiqué en 1792, et le lecteur avisé évitera d'en tirer quelque conclusion que ce soit sur les rituels actuels. Le frère maçon, par contre, pourra juger de l'évolution qu'a subie le rituel maçonnique depuis la fin du XVIIIe siècle. Il convient de citer Preston lui-même dans sa préface du 1 janvier 1788: «M'étant ainsi engagé dans la réhabilitation des cérémonies et dans le soutien des privilèges de la Maçonnerie, je serais heureux de n'être considéré qu'un instrument dérisoire dans sa prospérité. Si je continuais à recevoir le support de mes frères, et réalisais mon rêve de donner au monde une idée favorable de l'institution, j'aurais accompli tous mes souhaits; et quand mes espoirs seraient déçus, j'aurais la satisfaction de m'être dévoué pour une bonne cause.» Cette Exhortation était prononcée lors de l'initiation d'un candidat, et constitue une véritable apologie des vertus morales d'un franc-maçon. Selon Preston, «les paragraphes inclus entre crochets [ ] pourraient être quelquefois omis, si le temps venait à manquer pour l'Exhortation complète». [Exhortation du deuxième degré] [Exhortation du troisième degré]
[À présent que vous avez été initié aux principes de la franc-maçonnerie, je tiens à vous féliciter d'avoir été admis dans cet Ordre ancien et honorable: ancien, car il existe de temps immémoriaux; et honorable car il entend rendre tels tous les hommes qui adhèreront à ses préceptes. En effet, aucune institution ne fut jamais bâtie sur principes plus nobles et sur plus solides fondations; et il n'y eut jamais règles plus admirables ni maximes plus utiles que celles inculquées aux candidats durant leur initiation aux mystères de la franc-maçonnerie. À travers tous les âges, des monarques se firent défenseurs et promoteurs de notre Art, et ne crurent pas déroger à leur rang en s'associant à notre fraternité, en étendant ses privilèges et en patronnant ses assemblées.] En votre qualité de franc-maçon, vous êtes désormais lié à notre loi morale, telle qu'elle nous a été transmise dans les écrits sacrés*; vous devez la considérer comme le guide infaillible de la vérité et de la justice et vous devez régler votre vie et vos actions sur ses divins préceptes. Dans ces textes sacrés sont contenus vos devoirs envers Dieu, envers votre prochain et envers vous-même. Votre devoir envers Dieu consiste à ne jamais mentionner Son nom, hormis avec la révérence et la crainte respectueuse que la créature doit à son créateur, à implorer Son aide dans toutes vos louables entreprises, et à toujours Le considérer comme le bien suprême. Votre devoir envers votre prochain consiste à vous conduire selon l'équerre et à agir avec lui comme vous voudriez qu'il agît envers vous. Votre devoir envers vous-même consiste à éviter les irrégularités et les intempérances qui pourraient altérer vos facultés, ou avilir la dignité de votre profession. Une adhésion stricte à ces devoirs vous assurera l'admiration du monde entier, tant dans votre vie privée que dans votre vie publique. Dans votre vie civile, vous devez être un sujet discret et pacifique, fidèle à votre souverain, et juste envers votre patrie. Vous ne devez jamais admettre déloyauté ni rébellion, mais vous devez vous soumettre humblement à l'autorité légale et vous conformer avec enthousiasme aux édits gouvernementaux du royaume où vous avez élu domicile. [Que votre comportement soit irréprochable afin de faire échec aux critiques et aux blâmes. Méfiez-vous particulièrement de ceux qui, sous des apparences trompeuses, t'enteront de s'attirer votre estime dans le seul but d'ébranler votre détermination vertueuse et de vous écarter des nobles principes de cette institution. Que votre conduite soit régulière et vertueuse, et que vos agissements soient conformes à la dignité de votre profession.] Par dessus tout, pratiquez la charité et la bienveillance, car ce sont ces vertus qui ont, de tout temps et en tout lieu, fait reconnaître les vrais francs-maçons. [Le plaisir immensurable, qui naît de l'assistance et du secours que l'on apporte à notre prochain, ne peut vraiment être ressenti que par des personnes charitables qui, par sympathie, tendent spontanément une main prodigue pour soulager les misères d'autrui. Ceci devrait exhorter le maçon généreux à partager ses richesses dans l'allégresse. Se substituant à un frère dans le besoin, il écoute avec attention ses doléances, s'afflige de son infortune, et s'empresse de soulager sa détresse.] Vous devez maintenant porter une attention toute particulière à nos Constitutions. Elles contiennent, en effet, l'histoire de la franc-maçonnerie depuis ses balbutiements, et conservent les annales des personnes illustres qui ont enrichi notre Art dans tous les pays. Elles renferment les règles et les lois qui ont, depuis longtemps, gouverné la conduite de nos frères. Je vous enjoins de faire preuve d'une présence assidue à nos assemblées, et de remplir fidèlement les charges de l'office que vous occuperez. Vous devez, durant toutes les tenues régulières de la fraternité, respecter l'ordre et le décorum pour ainsi préserver l'harmonie et mener à bien les affaires de la franc-maçonnerie. [Vous devez respecter scrupuleusement les règles de la bienséance et vous ne devez jamais user d'un langage inconvenant qui avilirait le nom de Dieu ou qui corromprait les bonnes moeurs; ainsi vous abstiendrez-vous d'introduire et d'entretenir toute discussion à caractère religieux ou politique, ou de vous comporter avec irrévérence durant les travaux de la loge. Vous devrez témoigner respect et déférence au Maître et aux officiers de la loge, et vous devrez vous appliquer avec diligence à l'étude de notre Art, afin d'y accroître votre compétence tant pour vos propres mérites que pour l'honneur des frères qui vous ont accueilli en leur sein.] Bien que nous sollicitions avec ferveur votre présence régulière à nos tenues, nous devons vous mettre en garde contre l'immixtion de la franc-maçonnerie dans vos devoirs civiques; ceux-ci, en effet, ne devraient en aucun cas être négligés. Et vous ne devez pas souffrir que votre zèle pour notre institution vous précipite dans des discussions avec ceux qui, par ignorance, voudraient la ridiculiser. Durant vos heures de loisir, vous devrez étudier les sciences et les arts libéraux et, afin d'enrichir vos connaissances maçonniques, vous devrez converser avec des frères érudits, qui seront toujours aussi prêts à vous dispenser l'instruction que vous serez disposé à la recevoir. Enfin, vous devrez garder pour sacrés et inviolables les mystères de l'Ordre, puisqu'ils vous distingueront du reste de la société et marqueront votre appartenance à la franc-maçonnerie. Si jamais vous êtes approché par une personne de votre entourage désireuse d'être initiée en franc-maçonnerie, gardez-vous bien de la recommander, à moins d'être convaincu qu'elle se conformera à nos règles et qu'elle pourra contribuer une pierre à l'édifice maçonnique bâti sur l'honneur, la gloire et la réputation de notre institution, afin d'accroître son estime auprès du genre humain. [De l'attention que vous avez accordée à cette exhortation, nous sommes persuadés que vous saurez apprécier la franc-maçonnerie à sa juste valeur, et que vous garderez, gravés dans votre esprit, les préceptes de vérité, d'honneur et de justice.] * La Bible; ou, dans les pays où elle est inconnue, tout autre livre, ou emblème, qui est considéré comme contenant la volonté de Dieu. |
|||